CPE : Courgette, poireau, épinards ?

Diantre ! La France est encore secouée, malmenée, pratiquement mise à feu et à sang à en croire les images diffusées à l’étranger. Mais pour quel motif ? Un simple projet de loi qui tient en 3 lettres. CPE. Kesaco ? Il s’agit de transposer les directives du CNE, un nouveau contrat de travail applicable dans les petites PME, aux grandes entreprises. La seule différence majeure entre ces deux contrats est effectivement la taille de l’entreprise qui peut l’appliquer. Pour connaitre le contenu de cette loi, et connaitre mon point de vue, lisez la suite ! (Un blog étant là pour livrer des pensées à l’état brut, je voue prie de bien vouloir m’excuser pour l’absence de structuration de la pensée dans ce billet)

Le CPE – Contrat Première Embauche – est à mi chemin entre le CDD et le CDI. Pour les étrangers qui me lisent, petite explication complémentaire: Le CDD est un contrat à durée déterminée, c’est à dire que les deux parties s’engagent pour X mois. Ce contrat ne peut être renouvelé qu’une seule fois. Ensuite, l’entreprise et l’employé devront signer un CDI, qui est un contrat à durée indeterminée. __Pourquoi un contrat intermédiaire ?__%%% Le CDD est jugé trop strict. En effet, à l’issu du contrat, l’employé n’a plus qu’à aller chercher du boulot ailleurs. Au contraire, le CDI enchaine pratiquement l’employeur et l’employé. Si le premier souhaite licensier le deuxième, cela lui coûte très cher en indemnités. Si la personne virée est du genre procédurière, elle peut même faire un procès à l’entreprise pour licensiement abusif. Bref, virer quelqu’un en France, ca coûte cher. Le CPE (ou le CNE, déjà appliqué depuis plusieurs mois !) est un contrat de travail qui veut allier la flexibilité du CDD avec la longévité du CDI. Il est composé d’une periode de mise à l’essai, pendant laquelle le contrat peut être rompu par  »l’une ou l’autre partie » (et pas juste par l’employeur, contrairement à ce qu’on peut entendre ici et là). A l’issu de la periode d’essai, le contrat se transforme automatiquement en CDI. __Les reproches vis à vis du CPE__%%% Voici une liste (non exhaustive) des (nombreux !) reproches que l’on fait au CPE : – L’employé est un kleenex. En effet, il peut être mis dehors sans préavis pendant la periode d’essai. – Aucun motif n’est demandé au licensiement. Cette dernière raison n’existe plus depuis les modifications demandées par le président Chirac le 31 mars. – Ce contrat augmente la précarité. Là encore, un bien grand mot qui ne veut pas dire grand chose, il est donc bon de l’expliquer. __Précarité ?__%%% Si les jeunes sont dans la rue ces dernières semaines, c’est là leur principal motif. Il faut comprendre le contexte actuel : Economie morose, et de grandes inégalités qui ne cessent de s’accroitre (les pauvres sont de plus en plus pauvre, les riches de plus en plus riche). Pouvoir licensier à n’importe quel moment dérange : une banque acceptera-t-elle de faire un crédit pour quelqu’un en CPE, qui n’est après tout pas assuré de garder son job ? Les pays anglo saxons n’ont aucune sécurité du travail, et pourtant sont parmis les plus endettés du monde. Personne ne vous refusera un crédit là bas. Il y a donc une différence de moeurs évidente. __Un problème franco-français__%%% Nous sommes toujours des raleurs. Il n’y a pas un sujet ou personne n’ait d’avis sur la question. Et l’hésitation en France veut dire « je vote contre ». En général on s’abstient de voter, mais pas ici 😉 Pourtant, la trop grande protection du salarié en France empêche bon nombre d’entreprises d’embaucher. Vous trouverez beaucoup de patrons qui ne veulent pas embaucher malgré un regain d’activité, de peur de grave soucis en cas de baisse d’activité, sans compter les frais juridiques en cas de licensiement et de poursuites. Il ne faut bien évidemment pas tomber dans l’excès américain, mais trouver un juste milieu est possible et souhaitable. Pas de miracle pour faire baisser le chomage (ca se saurait depuis le temps) : donner plus de libertés aux patrons. Les opposants crient au scandale : les abus vont arriver, et à les entendre, tous les patrons licensieront la veille de la fin de la periode d’essai. Il faut nuancer. Les abus du système existent toujours, et ils existent déjà de nos jours. Il est simple de mettre quelqu’un dehors, en invoquant un motif comme « incompatibilité d’humeur ». On peut également soumettre l’employé à une forte pression pour qu’il quitte de lui même l’entreprise (et perde ainsi le bénéfice des indemnités). __Pour résumer__%%% Pfiou, en relisant, j’ai l’impression d’être parti dans toutes les directions à la fois. Le sujet est vraiment très vaste, et chaque discussion apporte de nouveaux arguments (que ce soit pour ou contre).%%% Je pense personnellement que le CPE est une bonne chose. Cela va dynamiser l’économie, car beaucoup d’entreprises vont enfin pouvoir embaucher alors qu’avant elles hésitaient. Ce changement est nécéssaire. N’en déplaise aux grevistes, c’est à nous de nous adapter au monde et non l’inverse. Les utopistes qui pensent changer le monde ont tout faux. L’économie se fera avec ou sans nous. Et les américains seraient tellement fier de pouvoir nous laisser sur le côté ou de nous appeler « La vielle Europe » qu’on ne peut pas se le permettre. __Pour conclure__%%% C’est le 2e débat en moins d’un an qui déchire les français (le premier était la Constitution Européenne – qui fera l’affaire d’un prochain billet si j’en ai le temps). Toutefois ce deuxième débat est beaucoup moins équilibré. Les français ont peur, et cela se ressent. Peur du futur, de leur avenir, du monde qu’ils vont laisser à leurs enfants. Si c’est tout à fait légitime, il ne faut pas non plus avoir peur de l’inconnu. C’est en restant immobile que l’on est sûr de mal faire. Autant prendre des décisions ici et maintenant. Analysons les résultats dans quelques années, et tirons-en les conséquences. %%% J’admire le sens de la critique présent dans notre pays. Les gens n’acceptent pas tout ce qu’on leur propose comme si c’était forcément bien pour eux. Malheureusement nous sommes tombés dans l’excès inverse. Tout ce qui vient des politiques est forcément mauvais, puisque ces derniers sont achetés et/ou corrompus. L’opposition est une force, mais à trop s’opposer, cela deviendra une faiblesse qui pourrait nous perdre.

3 réflexions sur « CPE : Courgette, poireau, épinards ? »

  1. Quand tu dis une faiblesse qui pourrait nous perdre, c’est qui nous ?
    Toi aussi, tu fais comme Steevy, tu as pris ta carte à l’UMP…
    Le CPE a fait couler beaucoup d’encre mais surtout a permis à certains de se trouver des nouvelles vocations…CPE : comment se prendre pour un énarque.

    Ah… sacrés français !

  2. Nous c’est nous 😉
    Je pense que le boulot maintenant il va se chercher partout en Europe ou dans le monde. Un investisseur étranger, je ne pense pas qu’il soit très interessé par la France en ce moment (malgré le contenu du dernier Times …) : il aurait trop peur des grèves à répétition, etc. Et les grands groupes français vont commencer à aller dans les autres pays si ils estiment que ces derniers permettront un meilleur rendement (la culture du résultat, c’est malheureusement devenu l’objectif, et ce quelque soit la manière. C’est bien regrétable parfois).
    Et ensuite être pour le CPE ne veut pas dire être UMP 😉 C’est tout mélanger. Sarko, non merci.
    Et enfin donner son point de vue ne veut pas dire énarque. Au contraire, cela voudrait-il dire que si on est pas politicien, on n’a pas le droit d’avoir une opinion ou d’émettre un jugement ? L’expression et la reflexion, c’est ce qui permet d’éviter les manipulations de groupe du genre "Oublions nos soucis, allons nous battre à l’autre bout du monde, et votons une rallonge au ministère de la défense".

  3. Ne t’emballe pas ! Je te titillais. Tu as raison mais il faut réfléchir d’abord et s’exprimer ensuite. Ce qui devient gênant, c’est de développer des thèses sur des sujets dont seuls les politiques connaissent les rééls tenants et aboutissants. On tourne vite en rond. Ttout le monde y est allé de son petit "moi je pense que…" En conclusion sur ce sujet, de CPE il n’est plus et bien heureusement les pro-CPE n’ont pas manifesté -peut-être c’était pas si chouette- De ce dernier point, réjouissons-nous, les entreprises françaises resteront françaises (en même temps, si elles allaient ailleurs ne risqueraient-elles par d’autres problèmes ?)

    Ma référence à l’UMP n’était pas en liaison avec le CPE mais plus avec l’emploi du "nous, les grands de ce monde", si cher à l’animateur le plus insupportable-c’est un avis- du PAF. Et puis adhérer à l’UMP ne veut pas dire adhérer à Sarko, c’est pour le coup tout mélanger…

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